Attention et concentration

Olivier Houdé, instituteur puis Professeur de Psychologie du Développement à l’Université Paris Descartes, et directeur du Laboratoire de Psychologie du Développement et de l’Education de l’Enfant du CNRS-La Sorbonne explique que « le cerveau » de la génération Z (12-24 ans) qui a grandi avec les jeux vidéo et les téléphones portables, reste le même mais que les circuits utilisés changent : ils ont gagné en vitesse et automatismes, au détriment du raisonnement et de la maîtrise de soi. Face aux écrans, comme dans la vie, ils ont un TGV cérébral, de l’œil jusqu’au pouce sur l’écran. Ils utilisent surtout la zone du cerveau qui gouverne la rapidité de décision au détriment de la prise de recul, de la pensée  et de la RÉSISTANCE COGNITIVE (ou inhibition). Il décrit en effet 3 systèmes dans le cerveau.
Le premier est rapide, automatique et intuitif, très sollicité par les écrans.
Le deuxième est plus lent, logique et réfléchi.
Le troisième arbitre entre les deux premiers : c’est le cœur de l’intelligence, il inhibe les automatismes de pensée quand on doit faire appel à la logique ou à la morale.(…) C’est un processus de prise de recul pour résister à ses réponses impulsives. Le cerveau résiste à lui-même. Mais la maturation de ce processus est lente.(…) »

Le multitâche massif affecte des zones cruciales des centres émotionnels et cognitifs de notre cerveau.
Le multitâche, à l’aide des écrans, est devenu une manière de vivre mais les neuroscientifiques ont constaté que ce comportement induit une densité de matière grise plus faible dans le cortex cingulaire antérieur, qui gouverne le CONTRÔLE COGNITIF et ÉMOTIONNEL : empathie, prise de décision et gestion des récompenses. Selon eux, le cerveau sait gérer le multitâches mais sa pratique massive a des effets négatifs sur sa STRUCTURE même.
Or, l’outil numérique, ainsi que les scripts des applications qu’il propose (quelles que soient leurs qualités éducatives), sont de très puissants vecteur d’éparpillement attentionnel.