Langage oral

Les écrans jouent un rôle sur le développement du lexique et de la syntaxe d’un enfant.

En effet, le lexique d’un enfant se développe par la mise en commun d’expériences sensorielles. L’enfant prend l’objet, le sous-pèse, le secoue, les sent, le porte à la bouche, le laisse tomber. Toutes ces expériences d’apparence anodine n’ont d’autre raison que de s’approprier tout ce qui fait la particularité d’un objet. L’adulte à ses côtés va énoncer le modèle et apporter des informations supplémentaires.
C’est ainsi que l’ajustement de l’adulte aux propos de l’enfant, sous-tendu par ses mimiques et gestes va permettre à l’enfant d’enrichir son lexique, de préciser son articulation et développer sa syntaxe. Le contexte affectif joue un rôle prépondérant ici.

Les entrées sensorielles permettant l’apprentissage et la mémorisation sont au nombre de 7 :

  • Entrée visuelle
  • Entrée auditive
  • Entrée tactile
  • Entrée olfactive
  • Entrée kinesthésique (par le mouvement)
  • Entrée gustative
  • Entrée olfactive

Quand nous savons que les taux de rétention après un an sont les plus bas pour les entrées visuelles et auditives (respectivement 2 et 5%) alors que les taux de rétention du goût, du toucher et du mouvement sont à 45% après un an et à 90% pour l’entrée olfactive, il paraît alors évident de se rendre compte en quoi les écrans représentent un frein au développement des processus cognitifs.

Une étude publiée dans le journal Science Daily et présentée lors d’une conférence de la PAS (Pediatric Academic Societies) établit pour la première fois un lien entre temps passé devant les écrans et les retards de langage.

Les chercheurs ont suivi près de 900 enfants, âgés de 6 mois à deux ans, avec leurs parents, de 2011 à 2015. Ils ont ainsi pu constater qu’à 18 mois, 1 enfant sur 5 passait 30 minutes par jour devant des écrans. Plus précisément, pour chaque augmentation de 30 minutes de temps passé devant les écrans par jour, les chercheurs ont constaté un risque accru de 49 % de retard de la parole.

Pour un enfant de 4 ans, une étude américaine a démontré qu’un temps journalier d’exposition aux écrans d’environ 2h multiplie par trois le risque de développer un retard de langage