Logique

Pour développer des compétences logiques et mathématiques, un enfant a besoin de pré requis afin de se développer harmonieusement : anticipation, décentration, organisation, déduction et d’attention afin d’accéder à la pensée opératoire en CP. Viendront en parallèle les compétences mathématiques comme la sériation ou la classification par exemple.

Le 8 janvier 2018, Cédric VILLANI, mathématicien et député et Charles TOROSSIAN, inspecteur général de l’EN remettent un rapport à Jean-Michel BLANQUER, ministre de l’éducation nationale pour améliorer l’apprentissage des mathématiques. Outre une formation spécifique pour les enseignants, ce rapport préconise de proposer à toutes les écoles un équipement de base, accompagné de tutoriels, qui favorise la manipulation d’objets réels. Ce que ne permet pas l’exercice par écran (tablette). Un enfant a besoin de toucher, sentir, comparer les objets entre eux comprendre les propriétés des objets qui font partie de son environnement. Ceci permet de développer des capacités de tri et donc de classification, pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autres.

Linda PAGANI, professeur à l’université de l’école de psychoéducation de Montréal a pu démontrer que le temps passé devant un écran était prédicteur des compétences en mathématiques (si à 29 mois, on passe 1 h devant les écrans : baisse de 50% des compétences en mathématiques en CM2).

Or, en France, seulement 23% des élèves ont un bon niveau en mathématiques, alors que la moyenne européenne se situe à 48%. Nous nous situons en 22e position sur 22

En Finlande (classée 8e), pour renforcer les connaissances et les compétences en mathématique, il a été mis en place un projet de développement national de l’enseignement des mathématiques (depuis 2014 jusqu’en 2019) conduit par le ministère de l’éducation : l’enfant est incité à penser par lui-même, développer la coopération pour les apprentissages et surtout utiliser et manipuler des modèles concrets pour améliorer la compréhension des concepts fondamentaux.

L’utilisation de la tablette, aussi « éducative » qu’en soit son utilisation,  ne permet donc pas la manipulation concrète d’objets, ne développe pas la coopération puisqu’elle isole l’enfant dans sa bulle et capte toute son attention et ne lui permet pas de penser par lui-même car la solution des exercices est apportée sans interagir avec lui et avec ses émotions. La parole n’étant pas adressée à l’enfant, s’il se trompe, l’application ne va pas apporter un retour aussi riche et personnalisé qu’un échange direct avec un adulte ou des pairs.

De plus, pour développer les notions spatio-temporelles un enfant a besoin de vivre des expériences afin qu’elles s’inscrivent dans sa mémoire. Il est difficile de comprendre et d’apprendre des notions « avant/après » ou encore « devant / derrière » si ce n’est pas vécu. Et lors d’un exercice de comptage, l’enfant a besoin de temps et d’espace pour dénombrer des éléments, à son rythme, en coordonnant son geste avec sa parole. Ce rythme et ce temps sont personnels.